À nous de jouer !

[Portraits associatifs N°2] Reliés

Publié par
EPIC-Magazine

Par Sarah Benninghoff, publié le 28 novembre 2020
Voir l’article source sur EPIC

En partenariat avec la plateforme À nous de jouer ! dédiée à l’engagement des jeunes, EPIC te propose une nouvelle série intitulée Portraits associatifs. Jusqu’à l’été prochain, découvre chaque mois et demi une association, les personnes qui s’y engagent pour faire vivre la culture locale et les valeurs qu’elles défendent. En ces temps de semi-confinement, les livres permettent l’évasion. La jeune association Reliés s’engage à leur partage.

Créée il y a à peine deux mois, Reliés est une équipe de six membres œuvrant à l’accessibilité du livre à Genève. Entre lectures et librairie participative, l’association est désireuse de lien – celui que seuls un livre et une histoire peuvent tisser, mais sans son côté effrayant et poussiéreux. Pour découvrir les dessous de cette initiative, nous avons rencontré Mallorie, Jennifer et Hanna.

Pourquoi avez-vous créé Reliés ?

Mallorie : C’est parti de la découverte sur les réseaux sociaux de l’association française française Aux oubliées qui récolte des livres pour les détenues. Ça nous a touché et on s’est rendu compte qu’il n’existait pas d’association similaire en Suisse, en tout cas à Genève.

Jennifer  : C’est vraiment parti de ce constat et de cette envie d’offrir la littérature à tous·tes. Cette idée nous est venue juste avant le confinement et elle a grandi lors que l’on a été confronté·e·s aux longues queues devant les Vernets. Toutes ces personnes, si elles n’avaient accès à de la nourriture, elles en avaient encore moins à la littérature.

Hanna : Pourtant la littérature est importante. Elle permet de s’éduquer, de grandir, de s’ouvrir au monde, de s’évader en ces temps compliqués. Ce qui nous tient à cœur avec Reliés, c’est de donner la possibilité à tous·tes d’accéder à la littérature. C’est de réinviter le lien humain par le livre.

Quels sont les buts et les valeurs de l’association ?

Hanna : Au centre de l’association, il y a vraiment cette question du lien, de comment permettre à la population genevoise de se rencontrer par le biais du livre. C’est ce qui est derrière chacune de nos actions, chacun de nos projets : le lien et l’entre-aide.

Mallorie : Une autre valeur importante à nos yeux est celle du partage. Le partage d’un objet, d’un lieu, d’une expérience. Que ce soit par l’envoi de livres à un centre pénitencier avec un mot dans chacun d’eux, l’organisation de lectures dans divers lieux de Genève ou la mise en place d’une librairie participative.

Jennifer : Puis la dignité, il est important pour nous que chacun·e puisse avoir accès à un livre neuf. Parce que recevoir un livre neuf, c’est aussi dire que l’on a de la valeur. Et recevoir un livre avec un mot, c’est comprendre que quelqu’un·e a pris du temps pour nous et que l’on existe.

Fonctionnement

Comment est-ce que vous fonctionnez ?

Jennifer : On travaille dans l’échange. Chacun·e est libre de partager ses idées et est encouragé·e à le faire, c’est le dialogue qui nous permet d’avancer. Certes il y a des rôles qui vont de pair avec une association, mais au sein de ces rôles nous cherchons la fluidité. Ainsi on se base sur l’entraide et l’écoute – le but est que toute personne ayant besoin d’aide puisse demander et recevoir un coup de main.

Quelles seront vos actions pour rendre le livre accessible ?

Mallorie : Nous imaginons passer par plusieurs chemins pour nous permettre de toucher un grand nombre de personnes. Il y a d’abord celui du lieu. Nous aimerions créer une librairie participative basée sur des dons de livres, comme sur les « livres volants ». L’idée est de collaborer avec des petites librairies genevoises et d’inviter les clients à acheter un livre de plus, à l’image des cafés suspendus. Les libraires mettront alors le livre de côté et nous viendrons le rechercher pour remplir notre librairie participative.

Hanna : Nous désirons aussi organiser des rencontres autour des livres, que ce soit des discussions mensuelles sous forme de café littéraire, des échanges avec des auteur·rice·s ou juste des lectures. Nous savons que tout le monde ne peut pas lire, et ce pour plein de raisons différentes. Nous pensons donc à des lectures autour d’un thé, dans des parcs ou dans des hôpitaux. Et puisque les réseaux sociaux sont aussi des lieux d’échange, nous y présentons des ouvrages une fois par semaine, des coups de cœur de l’équipe que nous chroniquons brièvement.

Depuis vos débuts qu’avez-vous pu mettre en place ?

Jennifer : Des chroniques sur Insta dans un premier temps. Puis nous avons participé à l’évènement Hors les murs de La Tragédie. C’était pour nous une belle occasion de lancer officiellement l’association avec une première récolte de livres et de commencer à se faire connaître.

Quel est votre budget ?

Hanna : Comme on vient tout juste de débuter, on ne sait pas très bien. Le budget est en cours de préparation. Mais surtout, pour le moment, nous n’avons pas de fonds.

Mallorie : En vrai, on rêve un peu de l’idéal associatif, où tout fonctionnerait sans argent, seulement par l’échange et le don. Après on a tout de même conscience de ce qui nous attend avec l’administratif.

Défis et ambitions

Est-ce que vous avez des difficultés, des défis, en tant qu’assoc’ ?

Jennifer : L’un des premiers défis est de rencontrer du monde et faire connaître l’association, surtout en temps de Covid, mais on est lancé. Le défi suivant, ça va être de durer. Nous avons vraiment envie de créer une association et des actions pérennes. Et trouver un lieu pour accueillir l’association, ça c’est un défi !

Quelles sont vos priorités, dans un futur plus ou moins proche ?

Jennifer : Récolter des livres ! C’est par là que l’on veut commencer. Ça fait un moment que l’on cherche à l’organiser cette récolte de livre. Puis transmettre ces livres aux détenu·e·s de Champ-Dollon, puisque c’est d’abord pour elles et eux qu’on a lancé Reliés.

Mallorie : Nous souhaitons aussi préparer la situation post-Covid. Comment allons-nous rebondir, nous retrouver ? Ce sera comme une deuxième naissance pour l’association. C’est comme ça que l’on y pense, puisque pour moment le lien au « public » est compliqué. Ce sera ces cafés littéraires et ces rencontres, que l’on cherche à organiser.

Engagement

Quels conseils vous donneriez à quelque’un·e qui hésite à s’engager dans une association culturelle ?

Jennifer : D’abord, renseigne-toi. Si tu as une idée en tête, un projet, regarde autour de toi si une association qui s’en chargerait n’existe pas déjà. Et si c’est le cas, il faut leur écrire. Premièrement, parce que ça fait toujours plaisir de recevoir un message, c’est très encourageant. Et deuxièmement parce que ça ne rendrait service à personne d’avoir deux associations en concurrence. Et s’il n’y en a pas, lance-toi !

Mallorie : Dans tous les cas, c’est important d’en parler autour de soi et de discuter avec d’autres associations. Ça aide vraiment. Avoir des retours sur une idée et des conseils sur sa réalisation, ça permet de prendre confiance.

Hanna : Une association, c’est toute une aventure. Ce n’est pas juste des discussions entre ami·e·s, c’est ce qui est chouette. Il y a un engagement qui permet aux choses de se réaliser, ça va plus loin que l’idée ou la promesse. Grâce à une association, les choses deviennent concrètes. Jennifer et Mallorie ont raison, il faut toujours en parler autour de soi ! C’est comme ça que j’ai rencontré Reliés, une discussion avec Jennifer l’air de rien.

Et puis s’il y a des intéressé·e·s par Reliés qui nous lisent, nous sommes toujours à la recherche de membres. Pas besoin d’avoir un agenda vide pour nous rejoindre, juste de la curiosité pour la littérature et l’envie de la partager !

Découvre la page de Reliée sur anousdejouer.ch, sur Instagram et sur Facebook.

Par Sarah Benninghoff, publié le 28 novembre 2020
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En partenariat avec la plateforme À nous de jouer ! dédiée à l’engagement des jeunes, EPIC te propose une nouvelle série intitulée Portraits associatifs. Jusqu’à l’été prochain, découvre chaque mois et demi une association, les personnes qui s’y engagent pour faire vivre la culture locale et les valeurs qu’elles défendent. En ces temps de semi-confinement, les livres permettent l’évasion. La jeune association Reliés s’engage à leur partage.

Créée il y a à peine deux mois, Reliés est une équipe de six membres œuvrant à l’accessibilité du livre à Genève. Entre lectures et librairie participative, l’association est désireuse de lien – celui que seuls un livre et une histoire peuvent tisser, mais sans son côté effrayant et poussiéreux. Pour découvrir les dessous de cette initiative, nous avons rencontré Mallorie, Jennifer et Hanna.

Pourquoi avez-vous créé Reliés ?

Mallorie : C’est parti de la découverte sur les réseaux sociaux de l’association française française Aux oubliées qui récolte des livres pour les détenues. Ça nous a touché et on s’est rendu compte qu’il n’existait pas d’association similaire en Suisse, en tout cas à Genève.

Jennifer  : C’est vraiment parti de ce constat et de cette envie d’offrir la littérature à tous·tes. Cette idée nous est venue juste avant le confinement et elle a grandi lors que l’on a été confronté·e·s aux longues queues devant les Vernets. Toutes ces personnes, si elles n’avaient accès à de la nourriture, elles en avaient encore moins à la littérature.

Hanna : Pourtant la littérature est importante. Elle permet de s’éduquer, de grandir, de s’ouvrir au monde, de s’évader en ces temps compliqués. Ce qui nous tient à cœur avec Reliés, c’est de donner la possibilité à tous·tes d’accéder à la littérature. C’est de réinviter le lien humain par le livre.

Quels sont les buts et les valeurs de l’association ?

Hanna : Au centre de l’association, il y a vraiment cette question du lien, de comment permettre à la population genevoise de se rencontrer par le biais du livre. C’est ce qui est derrière chacune de nos actions, chacun de nos projets : le lien et l’entre-aide.

Mallorie : Une autre valeur importante à nos yeux est celle du partage. Le partage d’un objet, d’un lieu, d’une expérience. Que ce soit par l’envoi de livres à un centre pénitencier avec un mot dans chacun d’eux, l’organisation de lectures dans divers lieux de Genève ou la mise en place d’une librairie participative.

Jennifer : Puis la dignité, il est important pour nous que chacun·e puisse avoir accès à un livre neuf. Parce que recevoir un livre neuf, c’est aussi dire que l’on a de la valeur. Et recevoir un livre avec un mot, c’est comprendre que quelqu’un·e a pris du temps pour nous et que l’on existe.

Fonctionnement

Comment est-ce que vous fonctionnez ?

Jennifer : On travaille dans l’échange. Chacun·e est libre de partager ses idées et est encouragé·e à le faire, c’est le dialogue qui nous permet d’avancer. Certes il y a des rôles qui vont de pair avec une association, mais au sein de ces rôles nous cherchons la fluidité. Ainsi on se base sur l’entraide et l’écoute – le but est que toute personne ayant besoin d’aide puisse demander et recevoir un coup de main.

Quelles seront vos actions pour rendre le livre accessible ?

Mallorie : Nous imaginons passer par plusieurs chemins pour nous permettre de toucher un grand nombre de personnes. Il y a d’abord celui du lieu. Nous aimerions créer une librairie participative basée sur des dons de livres, comme sur les « livres volants ». L’idée est de collaborer avec des petites librairies genevoises et d’inviter les clients à acheter un livre de plus, à l’image des cafés suspendus. Les libraires mettront alors le livre de côté et nous viendrons le rechercher pour remplir notre librairie participative.

Hanna : Nous désirons aussi organiser des rencontres autour des livres, que ce soit des discussions mensuelles sous forme de café littéraire, des échanges avec des auteur·rice·s ou juste des lectures. Nous savons que tout le monde ne peut pas lire, et ce pour plein de raisons différentes. Nous pensons donc à des lectures autour d’un thé, dans des parcs ou dans des hôpitaux. Et puisque les réseaux sociaux sont aussi des lieux d’échange, nous y présentons des ouvrages une fois par semaine, des coups de cœur de l’équipe que nous chroniquons brièvement.

Depuis vos débuts qu’avez-vous pu mettre en place ?

Jennifer : Des chroniques sur Insta dans un premier temps. Puis nous avons participé à l’évènement Hors les murs de La Tragédie. C’était pour nous une belle occasion de lancer officiellement l’association avec une première récolte de livres et de commencer à se faire connaître.

Quel est votre budget ?

Hanna : Comme on vient tout juste de débuter, on ne sait pas très bien. Le budget est en cours de préparation. Mais surtout, pour le moment, nous n’avons pas de fonds.

Mallorie : En vrai, on rêve un peu de l’idéal associatif, où tout fonctionnerait sans argent, seulement par l’échange et le don. Après on a tout de même conscience de ce qui nous attend avec l’administratif.

Défis et ambitions

Est-ce que vous avez des difficultés, des défis, en tant qu’assoc’ ?

Jennifer : L’un des premiers défis est de rencontrer du monde et faire connaître l’association, surtout en temps de Covid, mais on est lancé. Le défi suivant, ça va être de durer. Nous avons vraiment envie de créer une association et des actions pérennes. Et trouver un lieu pour accueillir l’association, ça c’est un défi !

Quelles sont vos priorités, dans un futur plus ou moins proche ?

Jennifer : Récolter des livres ! C’est par là que l’on veut commencer. Ça fait un moment que l’on cherche à l’organiser cette récolte de livre. Puis transmettre ces livres aux détenu·e·s de Champ-Dollon, puisque c’est d’abord pour elles et eux qu’on a lancé Reliés.

Mallorie : Nous souhaitons aussi préparer la situation post-Covid. Comment allons-nous rebondir, nous retrouver ? Ce sera comme une deuxième naissance pour l’association. C’est comme ça que l’on y pense, puisque pour moment le lien au « public » est compliqué. Ce sera ces cafés littéraires et ces rencontres, que l’on cherche à organiser.

Engagement

Quels conseils vous donneriez à quelque’un·e qui hésite à s’engager dans une association culturelle ?

Jennifer : D’abord, renseigne-toi. Si tu as une idée en tête, un projet, regarde autour de toi si une association qui s’en chargerait n’existe pas déjà. Et si c’est le cas, il faut leur écrire. Premièrement, parce que ça fait toujours plaisir de recevoir un message, c’est très encourageant. Et deuxièmement parce que ça ne rendrait service à personne d’avoir deux associations en concurrence. Et s’il n’y en a pas, lance-toi !

Mallorie : Dans tous les cas, c’est important d’en parler autour de soi et de discuter avec d’autres associations. Ça aide vraiment. Avoir des retours sur une idée et des conseils sur sa réalisation, ça permet de prendre confiance.

Hanna : Une association, c’est toute une aventure. Ce n’est pas juste des discussions entre ami·e·s, c’est ce qui est chouette. Il y a un engagement qui permet aux choses de se réaliser, ça va plus loin que l’idée ou la promesse. Grâce à une association, les choses deviennent concrètes. Jennifer et Mallorie ont raison, il faut toujours en parler autour de soi ! C’est comme ça que j’ai rencontré Reliés, une discussion avec Jennifer l’air de rien.

Et puis s’il y a des intéressé·e·s par Reliés qui nous lisent, nous sommes toujours à la recherche de membres. Pas besoin d’avoir un agenda vide pour nous rejoindre, juste de la curiosité pour la littérature et l’envie de la partager !

Découvre la page de Reliée sur anousdejouer.ch, sur Instagram et sur Facebook.

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