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#16 Schwesterlein : l’important c’est la « reconnaissance » - podcast d’analyse cinématographique

Publié par
DécadréE

Par Océane Wannaz et Camille Mottier, publié le 14.10.2020
Voir l’article source sur DécadréE

Bienvenue dans « Une héroïne dans ton genre », le podcast qui réfléchit à la représentation des femmes au cinéma et dans les séries, et sur la façon dont ces images influencent notre vie au quotidien. Comme tu l’auras constaté, notre podcast se fait plus intimiste, pour laisser la place à la parole des femmes, aux héroïnes du quotidien. Celles qui vivent les histoires qu’on voit défiler sur nos écran, mais pour de vrai. À nos analyses d’historiennes et théoriciennes du cinéma, se mêleront donc des récits qui viendront enrichir notre réflexion.

Nous nous réjouissons également de te faire découvrir le générique que nous préparons. On cherche encore les voix qui s’entremêleront à la musique pour citer quelques phrases inspirantes. Si tu veux participer au podcast avec ton témoignage, ou être l’une des voix de notre jingle, écris-nous sur Facebook ou sur le web-journal de DécadréE.

TRIGGER WARNING : cet épisode parle de deuil, de la perte d’un être cher. Si ce sujet te touche, nous te proposons d’attendre d’être dans des bonnes conditions avant de l’écouter.

News DécadréE · #16 Schwesterlein : l'important c'est la "reconnaissance"

Structure de l’épisode :

00 :00 – Souvenir de Camille

00 :52 – Introduction

03 :48 – Discussion autour du film avec Cléa (chroniqueuse régulière de ce podcast)

15 :15 – Théorie et Analyse

23 :15 – L’interview : Louise, infirmière en psychiatrie et mère de famille

33 :25 – Conclusion

L’objet de notre discussion est un long métrage récemment sélectionné pour représenter la Suisse aux Oscars. Le film Schwersterlein, petite sœur en français, suit le parcours de Lisa, une autrice de théâtre brillante qui n’arrive plus à écrire car elle s’occupe de son frère Sven, récemment atteint d’une leucémie agressive. Ce dernier est un célèbre acteur de théâtre, joué par le talentueux Lars Eidinger. Lisa refuse que son frère ne puisse plus vivre sa passion sur les planches, et elle se donne alors corps et âme pour qu’une guérison advienne. Se niant complètement, ainsi que son mariage, ses enfants, ses proches, Lisa fait face à la maladie de son frère en proposant un tristement bon exemple de ce que le “care” provoque comme conséquences sur le quotidien, et généralement sur celui des femmes.

Ces petites ou grandes actions offertes à nos enfants ou à nos proches sont en grande partie de l’ordre de ce qu’on appelle en anglais le “care”. Ce terme anglophone englobe toute une série de pratiques qui s’incarne dans notre vie quotidienne et qui prennent la forme de soins prodigués, généralement par les femmes, sur les autres personnes. Cela regroupe des actes qui sont de l’ordre de l’attention, du soin, de la responsabilité, de la prévenance ou encore de l’entraide. Mais penser à soi, à son bien-être personnel, c’est risquer de se sentir coupable. On s’en voudrait d’abandonner l’autre, de fuir nos responsabilités. Aujourd’hui nous désirons questionner ce rôle « maternant ». Si nous avons pris cette place, ne ce serait-ce pas parce que nous sommes les « femmes » de la maison et que cette charge est socialement assignée à notre genre ?

L’avis d’Océane :
C’est vrai, des figures de femmes qui prennent soin des autres, on en a déjà vu beaucoup à l’écran. Mais je t’encourage à aller voir ce film qui a l’originalité de montrer cette charge du ‘’care’’ du point de vue de l’héroïne. Cette posture généralement invisibilisée dans les scénarios qui s’attachent à représenter la vie quotidienne, est pour une fois traité comme un sujet à part entière. C’est l’expérience de Lisa qui est au centre (celle qui donne), et non pas celle de son frère (celui qui reçoit). Son parcours fera du bien à toutes celles qui se retrouveront dans sa démarche affective tout en rappelant l’importance de ne pas se perdre dans le processus en s’oubliant soi-même.

Le point de vue de Camille :
Ce film m’a touché par sa thématique, qui fait ressortir beaucoup de choses que j’ai pu vivre par le passé. Au-delà de cet aspect émotionnel, ce film suisse porte à l’écran une histoire un peu banale mais tellement importante. Comment prendre soin des autres, comment se résigner à ne rien faire car on ne peut pas être utile dans la souffrance de ceux qu’on aime, et comment se préserver au milieu de tout ça. Une proposition touchante donc, à propos laquelle je peux d’autant moins être objective que je suis une grande fan de Lars Eidinger. En connaissant un peu son parcours, le film propose soudain une double lecture de la carrière de l’acteur, tout à fait intéressant…

La critique de Cléa :
J’ai trouvé le personnage de Lisa très touchant et cette histoire m’a émue, mais je suis sortie de la salle déçue d’avoir vu encore une fois des hommes peu admirables, incapables de venir en aide à cette femme qui fait tout son possible pour accepter la proximité de la mort et son impuissance face à la maladie de son frère. Ce sont certes des personnages masculins réalistes, mais je suis fatiguée de voir cette réalité montrée comme une norme.

Liens mentionnés dans l’épisode :

Les films et séries cité-es :

  • Belle fille (Méliane Marcaggi, France, 2020)
  • Grey’s Anatomy (Shonda Rhimes, USA, 2005-…)
  • Nos étoiles contraires (Josh Boone, USA, 2014)
  • Ps : I love you (Richard LaGravenese, USA, 2007)
  • N’oublie jamais (Nick Cassavetes, USA, 2004)
  • You (Greg Berlanti et Sera Gamble, USA, 2018-…) (clique ici pour écouter notre épisode de podcast sur cette série !)

Par Océane Wannaz et Camille Mottier, publié le 14.10.2020
Voir l’article source sur DécadréE

Bienvenue dans « Une héroïne dans ton genre », le podcast qui réfléchit à la représentation des femmes au cinéma et dans les séries, et sur la façon dont ces images influencent notre vie au quotidien. Comme tu l’auras constaté, notre podcast se fait plus intimiste, pour laisser la place à la parole des femmes, aux héroïnes du quotidien. Celles qui vivent les histoires qu’on voit défiler sur nos écran, mais pour de vrai. À nos analyses d’historiennes et théoriciennes du cinéma, se mêleront donc des récits qui viendront enrichir notre réflexion.

Nous nous réjouissons également de te faire découvrir le générique que nous préparons. On cherche encore les voix qui s’entremêleront à la musique pour citer quelques phrases inspirantes. Si tu veux participer au podcast avec ton témoignage, ou être l’une des voix de notre jingle, écris-nous sur Facebook ou sur le web-journal de DécadréE.

TRIGGER WARNING : cet épisode parle de deuil, de la perte d’un être cher. Si ce sujet te touche, nous te proposons d’attendre d’être dans des bonnes conditions avant de l’écouter.

News DécadréE · #16 Schwesterlein : l'important c'est la "reconnaissance"

Structure de l’épisode :

00 :00 – Souvenir de Camille

00 :52 – Introduction

03 :48 – Discussion autour du film avec Cléa (chroniqueuse régulière de ce podcast)

15 :15 – Théorie et Analyse

23 :15 – L’interview : Louise, infirmière en psychiatrie et mère de famille

33 :25 – Conclusion

L’objet de notre discussion est un long métrage récemment sélectionné pour représenter la Suisse aux Oscars. Le film Schwersterlein, petite sœur en français, suit le parcours de Lisa, une autrice de théâtre brillante qui n’arrive plus à écrire car elle s’occupe de son frère Sven, récemment atteint d’une leucémie agressive. Ce dernier est un célèbre acteur de théâtre, joué par le talentueux Lars Eidinger. Lisa refuse que son frère ne puisse plus vivre sa passion sur les planches, et elle se donne alors corps et âme pour qu’une guérison advienne. Se niant complètement, ainsi que son mariage, ses enfants, ses proches, Lisa fait face à la maladie de son frère en proposant un tristement bon exemple de ce que le “care” provoque comme conséquences sur le quotidien, et généralement sur celui des femmes.

Ces petites ou grandes actions offertes à nos enfants ou à nos proches sont en grande partie de l’ordre de ce qu’on appelle en anglais le “care”. Ce terme anglophone englobe toute une série de pratiques qui s’incarne dans notre vie quotidienne et qui prennent la forme de soins prodigués, généralement par les femmes, sur les autres personnes. Cela regroupe des actes qui sont de l’ordre de l’attention, du soin, de la responsabilité, de la prévenance ou encore de l’entraide. Mais penser à soi, à son bien-être personnel, c’est risquer de se sentir coupable. On s’en voudrait d’abandonner l’autre, de fuir nos responsabilités. Aujourd’hui nous désirons questionner ce rôle « maternant ». Si nous avons pris cette place, ne ce serait-ce pas parce que nous sommes les « femmes » de la maison et que cette charge est socialement assignée à notre genre ?

L’avis d’Océane :
C’est vrai, des figures de femmes qui prennent soin des autres, on en a déjà vu beaucoup à l’écran. Mais je t’encourage à aller voir ce film qui a l’originalité de montrer cette charge du ‘’care’’ du point de vue de l’héroïne. Cette posture généralement invisibilisée dans les scénarios qui s’attachent à représenter la vie quotidienne, est pour une fois traité comme un sujet à part entière. C’est l’expérience de Lisa qui est au centre (celle qui donne), et non pas celle de son frère (celui qui reçoit). Son parcours fera du bien à toutes celles qui se retrouveront dans sa démarche affective tout en rappelant l’importance de ne pas se perdre dans le processus en s’oubliant soi-même.

Le point de vue de Camille :
Ce film m’a touché par sa thématique, qui fait ressortir beaucoup de choses que j’ai pu vivre par le passé. Au-delà de cet aspect émotionnel, ce film suisse porte à l’écran une histoire un peu banale mais tellement importante. Comment prendre soin des autres, comment se résigner à ne rien faire car on ne peut pas être utile dans la souffrance de ceux qu’on aime, et comment se préserver au milieu de tout ça. Une proposition touchante donc, à propos laquelle je peux d’autant moins être objective que je suis une grande fan de Lars Eidinger. En connaissant un peu son parcours, le film propose soudain une double lecture de la carrière de l’acteur, tout à fait intéressant…

La critique de Cléa :
J’ai trouvé le personnage de Lisa très touchant et cette histoire m’a émue, mais je suis sortie de la salle déçue d’avoir vu encore une fois des hommes peu admirables, incapables de venir en aide à cette femme qui fait tout son possible pour accepter la proximité de la mort et son impuissance face à la maladie de son frère. Ce sont certes des personnages masculins réalistes, mais je suis fatiguée de voir cette réalité montrée comme une norme.

Liens mentionnés dans l’épisode :

Les films et séries cité-es :

  • Belle fille (Méliane Marcaggi, France, 2020)
  • Grey’s Anatomy (Shonda Rhimes, USA, 2005-…)
  • Nos étoiles contraires (Josh Boone, USA, 2014)
  • Ps : I love you (Richard LaGravenese, USA, 2007)
  • N’oublie jamais (Nick Cassavetes, USA, 2004)
  • You (Greg Berlanti et Sera Gamble, USA, 2018-…) (clique ici pour écouter notre épisode de podcast sur cette série !)

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